« Face à l’intolérance, à nous de faire la différence »

Mis à jour : juin 9

Aujourd’hui, malgré des avancées en termes de droits et une meilleure acceptation sociale, les expériences discriminatoires et les violences en raison de l’orientation sexuelle ou identité de genre sont nombreuses. En 2019, 35 % des personnes LGBT ont fait l’expérience d’au moins une forme de discriminations au cours de leur vie en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre1. Ces discriminations et violences affectent la santé des personnes qui les subissent de manière globale (physique et mentale).


Santé publique France dresse aujourd’hui un panorama des impacts de ces discriminations sur la santé à partir d’une synthèse de la littérature et d’un numéro spécial du BEH et le constat est sans appel. Les conséquences sont nombreuses en termes de troubles psychologiques et identitaires, de consommations de substances psychoactives, de santé sexuelle dégradée, de difficultés de dialogue avec les professionnels de santé et de renoncements aux soins. Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, déclare : « Les discriminations, l’invisibilisation, les violences et la haine anti-LGBT+ demeurent des réalités inacceptables dans notre pays. Œuvrer pour une société plus inclusive et plus protectrice passe, entre autres, par un changement des mentalités. Fruit de la coopération entre Santé Publique France et la DILCRAH, la campagne que nous lançons aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, répond à l’objectif de sensibilisation que le Gouvernement s’est fixé via le Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023. À travers cette campagne plurielle grand public, axée sur les enjeux de santé, notre objectif est de contribuer au respect des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres en leur garantissant une juste reconnaissance et une juste place dans notre société, avec en ligne de mire s’assurer qu’elles soient des citoyennes et des citoyens à part entière. »


Sophie Elizeon, déléguée interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT déclare : « La campagne : « Face à l’intolérance, à nous de faire la différence » était tout à la fois attendue et nécessaire. La DILCRAH s’y associe fièrement. Cette première campagne nationale contribue à renforcer la fraternité, qui est notre meilleure alliée face à la haine et aux violences anti-LGBT. A chacun de se l’approprier et de faire la différence ». Pr Geneviève Chêne, Directrice générale de Santé Publique France déclare : « Les discriminations ont des répercussions délétères et durables sur la santé physique et mentale des personnes en termes de troubles psychologiques et identitaires, de consommations de substances psychoactives, de santé sexuelle dégradée, de difficultés de dialogue avec les professionnels de santé et de renoncements aux soins. C’est un enjeu majeur de santé publique et d’égalité, il est primordial que nous soyons tous mobilisés. C’est tout le sens de notre campagne : « Face à l’intolérance, à nous de faire la différence ».


Quelques chiffres et faits

  • Deux fois plus d’épisodes dépressifs caractérisés (EDC) et trois fois plus de tentatives de suicide au cours des 12 derniers mois chez les lesbiennes, les gays et les bisexuel∙le∙s que chez les hétérosexuel∙le∙s. Consultez le Baromètre Santé publique France 2017.

  • Plus de la moitié (56%) des personnes transgenres interrogées via les réseaux sociaux en 2014 déclarait avoir fait une dépression suite à des actes transphobes et 18% une tentative de suicide.

La non acceptation par la sphère familiale de l’homo-bisexualité contribue à altérer l’état de santé mentale des femmes cisgenres homosexuelles ou bisexuelles.

  • La question de l’orientation sexuelle est peu abordée en consultation de médecine générale : 49% des lesbiennes et 40% des homosexuels masculins n’ont jamais parlé de leur orientation sexuelle à leur médecin. Cette absence de communication ne permet pas de prendre en compte les besoins spécifiques des personnes LGBT en termes de dépistage et de vaccination par exemple.

  • Une personne sur quatre déclarait avoir renoncé à voir un médecin au cours des 12 derniers mois de crainte d’être discriminée du fait de sa « transsexualité".

L'homosexualité est une variante normale de l'orientation sexuelle humaine, elle se retrouve dans toutes les cultures, plus ou moins acceptée selon les époques. Son origine est par contre complexe et nécessite d'être envisagée sans a priori.


Cette attirance n'est jamais simple à reconnaître ni à vivre car elle est minoritaire, représentant moins de 5 % de la population. Il ne faut cependant pas oublier qu'en France, il y a cinquante ans, elle était interdite et même condamnée pour "outrage aux bonnes mœurs", qu'elle est encore punie de prison ou de flagellation dans une centaine de pays, et de mort dans huit autres ! La majorité des cultures réprouvent l'homosexualité (et essentiellement l'homosexualité masculine) en raison du caractère infécond de l'union entre deux hommes.

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