Suicide chez les ados LGBT 2 à 7 fois plus élevé.

Mis à jour : juin 15

Plusieurs situations difficiles et perturbantes peuvent pousser des adolescents à envisager le suicide et particulièrement chez les jeunes LGBT*. Les émotions pouvant mener à une tentative de suicide sont les mêmes pour les adultes et les adolescents. Ceux qui possèdent de bons réseaux de soutien (c.-à-d. parmi leur famille, leurs pairs, des associations sportives, sociales ou religieuses ou des groupes d'activités parascolaires) pourront vraisemblablement partager leurs émotions avec une personne qui pourra les aider.

Mais quid de la famille, des amis et encore moins de la religion lors qu’il s’agit d’un orientation sexuelle ou d’une question du genre? Ceux qui ne bénéficient pas de tels réseaux sont plus vulnérables lorsqu'ils vivent des changements émotifs et ils peuvent avoir l'impression d'être seuls au monde dans les moments difficiles.


En plus des pressions normalement exercées sur les adolescents, des circonstances particulières peuvent les pousser à songer au suicide. La situation est particulièrement difficile lorsque ces adolescents doivent faire face à des situations sur lesquelles ils n'ont aucun contrôle.

La question du suicide des jeunes homosexuel/les et bisexuelles doit être abordée avec prudence, car elle peut entraîner des effets contre-productifs et présenter des risques de victimisation ou de stigmatisation.


Depuis 1990, les études les plus probantes ont permis de démontrer que les homosexuel/les, et plus particulièrement les jeunes, présentaient un risque de tentative de suicide plus important que les hétérosexuel/les. Ce risque différentiel est de 2 à 7 fois plus élevé chez les homos ou bisexuels. Cela serait dû au fait que la norme de la masculinité exerce généralement une pressionparticulièrement forte auprès des garçons lors de l'adolescence, tandis que la norme de la féminité s'imposerait aux filles plus tard, au moment de la mise en couple et de la maternité.


La prévalence des pensées suicidaires est de 12,9% chez les hommes homo- et bisexuels, et de 4,7% chez les femmes homo et bisexuelles. La différence par rapport au groupe apparié (hétérosexuel) est statistiquement significative pour les hommes (12,9% vs 6,7%), mais ne l'est pas pour les femmes (4,7% vs 3,5%).

En ce qui concerne la prévalence des tentatives de suicide, 10 % des hommes homos et bisexuels et 10,5% des femmes homos et bisexuels déclarent en effet avoir fait au moins une tentative durant leur vie.

La différence par rapport au groupe apparié (hétérosexuel)est statistiquement significative pour les hommes 10% pour 100 vs 3% mais ne l'est pas pour les femmes 10,5% vs 5,9 %.


Les jeunes homos et bisexuels seraient plus à risque surtout les jeunes garçons il représente 6% de la population masculine et ils constituent 50% de l'ensemble des garçons décédés par suicide pour la même tranche d'âge. (Kallert-Courtet, « Orientation sexuelle et identité du genre ».Flammarion, 2010).



Selon l’enquête « Presse gay « (2014) menée par l'institut de veille sanitaire auprès d'un échantillon d’homosexuel masculin un tiersdes répondants âgés de moins de 20 ans déclarent avoir fait au moins une tentative de suicide. L’âge médian de la première tentative de suicide chez les jeunes hommes est de 16 ans la plupart des tentatives de suicide sont observées avant 25 ans.


Certains parents peuvent constater qu'un de leurs enfants à l'âge de l'adolescence résistent à leurs avances de dialogue et qu'ils refusent de se confier à eux.

Lorsque l'adolescent laisse entendre que ses parents sont tout simplement « incapables de comprendre », lui suggérer de parler à une personne qui, sur le plan émotif, sera plus neutre ou objective, peut être une bonne idée. Cela peut être un autre membre de la famille, un éducateur, un professeur, un ami.

Un sophrologue ou bien l’infirmière ou la psy du collège/lycée peuvent être de bons conseils et sans jugements pour l’adolescent(e).


Il est possible pour les parents d’un(e) jeune LGBT (encore faut-il pouvoir deviner les causes du profond malaise en rapport avec son orientation sexuelle ou son identité du genre) de l’orienter vers une association qui saurai l’écouter et l’aider tel que l’association SOS Homophobie.


*LGBT Lesbienne Gay Bi(e) Trans