Pourquoi les personnes les plus sûres d’elles ne sont pas toujours les plus compétentes
- franckbocquiersophrologue@gmail.com

- 17 mars
- 4 min de lecture
Il y a quelque chose de fascinant dans certaines discussions.
Plus le sujet est complexe — économie mondiale, santé publique, géopolitique — plus certaines personnes semblent… absolument certaines d’avoir la réponse.
Pas de doute.Pas de nuance.Pas d’hésitation.
Et c’est précisément là qu’intervient un phénomène bien connu en psychologie : l’effet Dunning-Kruger.
Mis en évidence en 1999 par les psychologues David Dunning et Justin Kruger de l’Cornell University, ce biais cognitif décrit un paradoxe assez déroutant :
les personnes les moins compétentes ont tendance à surestimer leurs capacités,
les personnes réellement compétentes ont tendance à douter davantage d’elles-mêmes.
Pourquoi ?
Parce que pour comprendre que l’on ne sait pas… il faut déjà avoir un minimum de connaissances.

L’ignorance ne sait pas qu’elle est ignorante
Lorsqu’une personne possède peu de connaissances dans un domaine, elle ne dispose pas des outils nécessaires pour évaluer l’étendue de ce qu’elle ignore.
Résultat : elle peut avoir l’impression de comprendre un sujet alors qu’elle n’en perçoit qu’une infime partie.
Ce n’est pas forcément de l’arrogance.C’est souvent une illusion de compréhension.
Un peu comme quelqu’un qui regarde deux vidéos sur internet et se sent soudain prêt à expliquer la médecine, la psychologie humaine ou l’économie mondiale.
Et bien sûr, ce phénomène ne se limite pas aux discussions de comptoir.
La politique : un laboratoire grandeur nature
Si vous cherchez un terrain d’observation du Dunning-Kruger, il suffit parfois de regarder la scène politique internationale.
Dans plusieurs pays, certains responsables politiques affichent une assurance spectaculaire sur des sujets d’une complexité immense : climat, économie, santé publique, relations internationales.
Le problème n’est pas d’avoir des opinions.
Le problème est d’avoir une certitude absolue sans la compétence correspondante.
Il suffit par exemple d’observer la trajectoire de Donald Trump. Ancien promoteur immobilier devenu président des États-Unis, il dirige aujourd’hui la première puissance mondiale entouré de nombreux profils issus du monde des affaires ou de l’immobilier.
Rien d’illégitime en soi. Mais cela donne parfois l’impression que gouverner un pays de plus de 300 millions d’habitants serait une sorte de projet immobilier un peu ambitieux.
Et les États-Unis ne sont évidemment pas les seuls concernés.
En France aussi, certaines figures politiques semblent parfois davantage travailler leur image que la profondeur de leur réflexion.
À l’ère des réseaux sociaux, quelques responsables politiques paraissent parfois miser davantage sur leur physique, leurs selfies et leurs stories sur Instagram que sur une véritable maîtrise des enjeux socio-économiques.
La politique devient alors parfois un curieux mélange de communication, de marketing personnel et de storytelling permanent.
Le problème, c’est que gouverner un pays ne relève pas exactement du métier d’influenceur.
Le paradoxe des vrais experts
À l’inverse, les personnes réellement compétentes tiennent souvent un discours beaucoup plus prudent.
Pourquoi ?
Parce qu’elles connaissent la complexité de leur domaine.Elles savent combien les choses sont nuancées, incertaines, évolutives.
Plus on apprend, plus on découvre l’étendue de ce que l’on ignore.
C’est pour cela que les experts utilisent souvent des phrases qui peuvent sembler frustrantes :
« Cela dépend… »
« Les données sont encore insuffisantes… »
« La situation est plus complexe que cela… »
Ce qui peut donner l’impression qu’ils hésitent… alors qu’ils sont simplement lucides.
Ce biais nous concerne tous
La tentation serait de penser que l’effet Dunning-Kruger concerne uniquement les autres : les politiques, les experts autoproclamés des réseaux sociaux ou le voisin qui refait le monde après deux verres de vin.
Mais la réalité est plus simple — et plus inconfortable.
Ce biais concerne tout le monde.
Dans certains domaines, nous avons de l’expérience et du recul.Dans d’autres, nous parlons avec beaucoup d’assurance… sur la base de connaissances très limitées.
La différence ne tient pas à l’intelligence.
Elle tient souvent à une qualité beaucoup plus rare : l’humilité intellectuelle.
Et si la sophrologie avait quelque chose à dire là-dessus ?
La sophrologie propose une approche intéressante face à ce phénomène.
Elle invite à développer à la fois la confiance en soi et la conscience de soi.
Lorsque nous développons de véritables compétences, la sophrologie peut renforcer une confiance stable et ancrée, basée sur l’expérience et la connaissance réelle de nos capacités.
Mais elle nous apprend aussi quelque chose de fondamental : prendre du recul.
Observer ses pensées.Reconnaître ce que l’on sait.Et accepter aussi ce que l’on ne sait pas encore.
Cette posture crée une forme de lucidité apaisée : être capable d’affirmer ce que l’on maîtrise… tout en restant ouvert à apprendre ce qui nous échappe encore.
Autrement dit : une confiance qui ne repose pas sur l’illusion, mais sur une relation plus juste à soi-même.
La conclusion qui dérange un peu
Le problème du Dunning-Kruger, ce n’est pas qu’il existe.
Le problème, c’est qu’il s’exprime partout :sur les réseaux sociaux, dans les débats télévisés… et parfois jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir.
Et si l’histoire nous apprend quelque chose, c’est peut-être ceci :
le danger n’est pas l’ignorance.Le danger, c’est l’ignorance persuadée de tout comprendre.

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